La Méthode

Écriture mycénienne

Épigraphie mycénienne

© Enriqueta Martinotti – Tina Martinotti

LINEAIRE-B : METHODE D’INTERPRETATION EN EPIGRAPHIE MYCENIENNE.

La Méthode

L’écriture Linéaire-b dans une nouvelle perspective d’interprétation des textes mycéniens. Méthode et approches. Les traductions.

De manière générale, on croit que la plupart des textes en linéaire B sont des documents administratifs d’une société extrêmement bureaucratique. On croit que les séries des phonèmes ne sont pas lisibles de manière monosyllabique en raison de la méthode statistique employée par M. Ventris dans son déchiffrement. On ignore que le linéaire b est un système syllabaire et l’on lit comme s’il s’agissait d’un alphabet.  Hors, après 15 ans d’’étude du linéaire b, nous avons trouvé une quantité importante -90 tablettes- de textes littéraires dans les tablettes mycéniennes, en lisant les séries des signes comme des phrases et pas comme des mots.
Ceci part du fait que les mêmes signes du linéaire b se trouvent dans des autres systèmes syllabaires avec les mêmes phonèmes donnés par Ventris. Donc, il n’y a pas raison de penser que les inter-ponctions marquent la séparation des mots. Chaque phonème est sensible d’interprétation monosyllabique, avec toutes les possibilités polysémiques donnés par ses homonymes.
Ces pages et les travaux auxquels nous nous référons ici, partent d’’une prise en compte des contradictions entre les traductions « standard » des tablettes mycéniennes et les preuves autant matérielles que paradigmatiques dégagées des diverses disciplines dans le domaine. Notre engagement avec cette problématique nous a conduit à une nouvelle méthode de traduction des textes mycéniens, qui répond aux mêmes critères utilisés dans la lecture de tous les systèmes syllabaires qui partagent les mêmes caractéristiques, contemporains ou pas à celui-ci. L’écriture mycénienne Linéaire B, tout comme le cunéiforme, (et ses diverses utilisations, du babylonien au hittite), les hiéroglyphiques égyptiens, voire le maya, tous eux ont en commun qu’ils sont des systèmes logographiques, phonologiques et polysémiques. C’est à partir de cette prémisse que nous abordons la nouvelle méthode de traduction du Linéaire B.

Dans toute traduction, quelle que soit l’époque du texte d’origine, l’élément déterminant est la notion d’altérité, ce qui implique de changer notre perspective pour cela de l’«Autre », prenant compte de ses intérêts, sa « weltanschauung » ou vision du monde, sa situation historique, son contexte.  Dans notre approche contemporaine c’est indubitable que traduire une tablette mycénienne vient à impliquer la traduction d’un «Autre» historique, ce qui équivaut à une reconstruction du sens.
Traduire l’«Autre », en mycénologie inclut le reconnaitre. Ceci ne signifie pas de l’homogénéiser dans nos conceptions modernes et nos acceptions, de même de l’approcher avec des formes de pensée prédéterminées par notre situation historique,  sans doute réelles, mais pareillement faussaires pour être construites. Reconnaître l’« Autre » ne peut que se donner dans l’’ordre symbolique et du langage. L’« Autre » nous donne les signifiants mais pas autant de signifiés, comme disait Lacan ; les symboles et la sémantique qui se dégage d’eux nous offrent peu d’explications.
Par contre, encore avec cette limitation, c’est que avec la réappropriation de tous les signifiants, soit par les trouvailles archéologiques, soit par les traditions mythographiques postérieures soit par les avancées en anthropologie, voire en histoire des religions, que pouvons soustraire au temps les signifiés pour une correcte lecture du Linéaire-b et par extension, du monde mycénien,  et réaliser une reconstruction du sens ou signifié. C’est avec ces éléments que nous pouvons réintégrer cette partie de notre histoire occidentale à notre culture actuelle.

De manière générale, on croit que la plupart des textes en linéaire B sont des documents administratifs d’une société extrêmement bureaucratique. On croit que les séries des phonèmes ne sont pas lisibles de manière monosyllabique à raison de la méthode statistique employée par M. Ventris dans son déchiffrement. On ignore que le linéaire b est un système syllabaire et l’on lit comme s’il s’agissait d’un alphabet.
Ces approches “standard” ont partie d’un énorme préjugé idéologique, comptable et pictographique.  Quand l’on s’approche aux textes hiéroglyphiques par exemple le plus figuratif, l’on se rend compte que véritablement une écriture syllabique ce n’est pas si simple d’interpréter et des exemples très semblables aux « listes » mycéniennes sont en effet des noms des dieux par exemple. Leur système, comme tous les systèmes syllabaires, fonctionne en trois niveaux :

*Logographique : les signes disent des mots

*Phonologique :  les signes disent des sons qui peuvent servir à composer d’autres mots

*Polysémique : les signes dissent un mot polysémique, qui peut servir aussi à composer d’autres mots.

C’’est à partir de cette structure incontournable des systèmes syllabaires que se déroule notre nouvelle méthode de traduction des textes.
En prenant l’exemple du syllabaire chypriote, il existent plusieurs mots entre les interponctions.

 

© Enriqueta Martinotti

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