L’Approche Archéologique

Empreinte de seaux de bague

Empreinte de seaux de bague, Maître des animaux.

© Enriqueta Martinotti

Les trouvailles archéologiques sont l’élément décisif de toute corroboration de traduction. Sans ces éléments les traductions du linéaire B resteraient détachés de tout preuve matérielle, dans les étagères d’un idéalisme faussaire construit dans quelques bureaux académiques, loin des évidences, loin aussi de nous montrer l’altérité mycénienne.
À coté de la dimension esthétique, la richesse des représentations artistiques sur des fresques, dans la glyptique, les peintures sur céramique, les configurations même des céramiques, les figurines, l’orfèvrerie, et jusque l’architecture avec l’organisation des espaces, nous posent des questions dont la seule réponse concerne l’examen iconographique, le seul capable de donner des réponses à ce qui concerne la vision du monde, weltanschauung mycénienne.

Bien sûr que l’esprit humain n’est pas une table rase et nos prénotions et préjugés peuvent inférer des résultats non véritables, mais dans certains instances du langage de la chose représentée, des principes généraux rendent possible notre accès à la réalité. La simple description de l’image comporte une sémantique propre de leur vision du monde.  D’un autre coté, la familiarisation avec le système de symboles présent dans les représentations devient nécessaire aux traductions. Sans ces principes, toute donné resterait non une évidence de l’altérité mycénienne et non plus l’énoncé des signifiants d’une culture de l’âge du bronze, mais une miscellanée désarticulée de curiosités, et notre compréhension du phénomène du linéaire B resterait inaperçu à nos yeux.

L’approche archéologique et iconographique est la base structurelle dont peut se réaliser l’épigraphie mycénienne. Les rites observés comme dans le sarcophage d’Aghia Triada ou dans certains empreintes de sceaux, les évidences des fêtes comme nous parviennent des trouvailles dans les palais, des scènes d’épiphanies comme dans d’autres sceaux, des croyances eschatologiques qui nous parviennent grâce aux analyses des paraphernalia funéraires, ou encore les évidences de libations dans les tombes, etc., tout ceci pour citer quelques exemples, comporte des principes guides à tout intention de traduction et interprétation.

L’examen iconographique est un élément indispensable pour l’épigraphie. Les représentations mycéniennes de personnages sont en prédominance des scènes religieuses. Parmi elles, on différencie des scènes cultuelles, des scènes mythologiques et des scènes allégoriques. Les personnages s’exhibent avec des attributs et des postures propres, de toute cette imagerie se dégage le discours d’une pensée spécifique et son altérité, une sémantique qui s’impose entre le mot écrite et la traduction que nous pouvons opérer. La compréhension de cette sémantique symbolique est obligatoire pour une correcte traduction.

© Enriqueta Martinotti

Musique grecque ancienne