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NOUVELLE INTERPRETATION DES
TABLETTES MYCENIENNES
©Enriqueta Martinotti- Tina Martinotti

Depuis les recherches archéologiques menées sur la période mycénienne, il existe une richesse de documentation telle qu’on ne peut qu’admettre l’importance de la pratique religieuse dans le monde mycénien. Mais il existe un énorme hiatus entre cette évidence et les données qui découlent des lectures du linéaire b. A en croire les traductions des tablettes en linéaire b faites à ce jour, la littérature mycénienne était inexistante et les textes religieux accuseraient un retard considérable par rapport aux écrits sacrés égyptiens ou de la tradition mésopotamienne. Ceci se trouve en totale contradiction avec la sémantique qui découle des analyses iconographiques que prouve un transfèrement des motifs de l’art et des symboles1 égyptiens, syriens et égéens, et l’on parle d’un «répertoire international» 2 . L’obstacle se révèle plus évident encore si l’on tient compte du fait que l’art mésopotamien ou égyptien se déchiffrent au contraire de l’égéen car on ne trouve pas de supports dans le linéaire b 3. Cette réalité alarmante rend plus fragile la recherche dans le domaine de la religion mycénienne et ne s’accorde pas avec les succès
obtenus par l’archéologie. Cette situation conduit à penser que le point faible dans la recherche est un problème dans la méthode de
traduction des textes.

Lire la suite: http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/59/66/93/PDF/Nouvelle_interpréatation des tablettes_mycéniennes.pdf

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MYCENIEN: TRADUCTION DE TROIS TABLETTES DE LA SERIE TA DE PYLOS

©Tina et Enriqueta Martinotti

Les tablettes de Pylos de la série Ta 714, 707 et 721 sont un autre exemple de la mécompréhension du Linéaire B. Selon l’interprétation de Ventris et Chadwick, il s’agirait de listes de mobilier du palais de Pylos, similaires à celles de la tombe de Toutankhamon, ressemblance qui s’étendait, selon eux « à la phraséologie des annotations de Carter », c’est-à-dire, dans le style le plus pur des
annotations de l’archéologue sur cette magnifique découverte1. Voici par exemple l’interprétation de Chadwick de la tablette PY 244=Ta 7142: une chaise, incrustée d’or et d’argent, de l’or sur le dos, avec des incrustations de figures d’hommes, les chiffres de l’or, avec une autre… d’or, d’or et de griffons…, plus un tabouret incrusté d’argent et d’or, etcetera. On peut dire que les auteurs ont réussi à imiter le style de l’archéologue, mais on est loin de la compréhension des textes en Linéaire B. L’évidence archéologique sur la réalisation des cérémonies à Pylos est si abondante que cette interprétation proposée par Chadwick a été le motif pour une interprétation selon laquelle ces tablettes enregistrent l’équipement nécessaire3 pour des célébrations de la nomination d’un nouveau chef du bureau, comme l’a proposé J. T. Killen, qui les associe aussi aux kylix en miniature trouvés dans le palais4. Ici nous proposons une autre interprétation, selon l’analyse de la polysémie et des monosyllabes, ce
qui donne la traduction de compositions qui ont été créés à partir de la répétition de certaines formules, comme to-no, a-ja-me-no, ku-ru-so, ta-ra-nu, e-re-pa-te-jo, 85*de-pi.

Lire la suite: http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/37/45/55/PDF/MYCENIEN_TRADUCTION_DE_TROIS_TABLETTES_DE_LA_SERIE_TA_DE_PYLOS.pdf

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MYCÉNIEN: NOUVEAU REGARD SUR LE LINÉAIRE B,
TRADUCTION DE LA TABLETTE 10=AD 676 DE PYLOS
LE DIEU TAUREAU FILS DE RHEA DANS PY 10=AD 676
© Enriqueta Martinotti

La traduction réalisée par Chadwick de la tablette 10 de Pylos donne «At Pylos: twenty-two sons of bath-attendants, eleven boys»1. Ce type de traductions modèle de travaux postérieurs, est basée sur l’observation d’une caractéristique de certaines tablettes qui finissent par KO-WO, en supposant que ceci est le mot mycénien pour o, une conjecture certes pleine d’imagination, mais peu convaincante. Est-il possible d’envisager d’accepter une telle traduction de textes sans que soit donnée aucune preuve et en tournant le dos à toute autre possibilité ? Ce n’est
pas un cas où la philologie a pris en charge une mission pour laquelle elle n’est pas suffisamment armée? Compte tenu d’évidences archéologiques, de données anthropologiques et sociologiques des religions, par l’herméneutique qui tient
compte de l’altérité, indispensable pour une traduction correcte, nous soutenons fermement que la tâche s’est montrée impossible jusqu’à maintenant. Dans notre dernier article2, Tina Martinotti et moi avons énoncé les problèmes liés aux traductions des textes mycéniens faites jusqu’ici et nous proposons deux exemples d’une nouvelle méthode de traduction des textes. Nous allons exposer
ce que devrait être la traduction correcte de la tablette de Pylos dans laquelle se répètent certaines thématiques de l’appareil de culte mycénien.

Lire la suite: http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/59/74/60/PDF/TablettePY10_Ad676.pdf

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LINÉAIRE B: LE PREJUGÉ COMPTABLE ET PICTOGRAPHIQUE
D’UN SYLLABAIRE LOGOGRAPHIQUE, PHONOLOGIQUE ET
POLYSÉMIQUE.
©Enriqueta et Tina Martinotti

Le Linéaire B tel qu’on le connaît aujourd’hui part d’un déchiffrage qui opère une synthèse entre la théorie comptable d’A. Kober, J. Chadwick et la tradition postérieure, avec la procédure de déchiffrage utilisée par M. Ventris. Le premier présuppose une théorie comptable et idéographique. La deuxième est la méthode qui consiste à disposer les signes sur une grille à partir de quelques-uns dont on connaît les équivalences par comparaison avec d’autres écritures, et par des approches selon des statistiques de fréquence. Ces deux méthodologies, bien que présentées comme étant dépendantes l’une de l’autre, donnent des résultats si pauvres que l’on peut mettre en question la valeur de cette association.
Commençons par analyser “l’axiome” selon lequel le Linéaire B est une “écriture double ” utilisée pour écrire des listes comptables. Il s’agit d’un axiome que n’a de correspondance dans aucun autre système syllabaire. Par contre, un bon exemple du type d’analyse qui pourrait bien s’appliquer au Linéaire B existe dans le système d’écriture linéaire syllabaire mésopotamien, apparu au quatrième
millénaire ACN, et transformé en cunéiforme vers 2800 ACN. Dans le cunéiforme, le signe n’est pas un outil mnémotechnique pour créer une représentation mentale, il est utilisé pour dénoter un morphème ou un lexème. En outre, chaque signe est polysémique et polyphonique, puisqu’il se réfère en même temps à plusieurs mots. Le cunéiforme est le premier d’une longue liste de systèmes syllabaires qu’il a engendrés ou influencés. La durée de son utilisation (la dernière tablette date du 75 a. J.C.), est témoin de l’énorme influence qu’il a eu, malgré le temps et les changements des peuples. Et bien que la sumérienne fût une langue agglutinante, le système cunéiforme a été utilisé par des peuples
indoeuropéens. Malgré le fait que le sumérien, l’égyptien ou l’hittite soient loin d’être des systèmes syllabaires “standards” , ils partagent néanmoins certaines particularités: la polysémie et l’homophonie. Et tous ont la caractéristique d’être des écritures logographiques et
phonologiques.

Lire la suite: http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/32/03/03/PDF/Le_Lineaire_B_prejuge_comptable_et_pictographique_d’un_systeme_logographique, phonologique_et_polysemique.pdf

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Linéaire B: TI‐RI‐PO‐DE et l’iconogramme « tripode »
dans la tablette 236=Ta 641 de Pylos.
Le Tripode: la représentation de lʹanimal de sacrifice.
© Tina Martinotti

Les célèbres TI‐RI‐PO et TI‐TI‐PO‐DE de la tablette mycénienne de Pylos Ta 641 sont interprétés comme nom. sing. masc. tripos, (de tri‐pod) «ayant trois pieds». Substantivés, ils prennent une deuxième forme avec le nom. duel [?] masc. tripode, «objet à trois pieds» ont
été confirmés par deux fois de façon décisive1 dans le déchiffrement du Linéaire B, dans la mesure où ils sont suivis des iconogrammes de vases à trois pieds. Ces iconogrammes accomplissent une fonction, et cette fonction n’est pas de nous confirmer que le scribe a bien voulu inscrire le mot «tripos» ou «tripode». Pourquoi écrire un mot et y adjoindre en outre un dessin qui le représente ? La fonction de l’iconogramme
entre les signes écrits se doit d’ajouter une information importante. On sait que le tripode était l’objet le plus sacré, à Delphes. Et cet objet sacré à partir duquel la Pythie recevait ses oracles et qui représentait, certainement, la bête sacrifiée qui avait consacré sa patte à la
déesse, ne devrait pas se nommer par «casualité». Cette information ajoutée est ce que nous devons comprendre quand nous faisons la lecture juste de TI‐RI‐PO, de TI‐RI‐PO‐DE et de l’iconogramme «tripode».

Lire la suite: http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/25/96/35/PDF/Lineaire_B_TI-RI-PO-DE.pdf

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Poetique Mycenienne dans la Tablette PY 724 An ( PY
55) de Pylos, classee comme ” liste de rameurs “
Tina MARTINOTTI, Enriqueta MARTINOTTI

En 2009 nous avons présenté une brève lecture de cette tablette au cours d’un séminaire d’épigraphie mycénienne mené par le professeur Pierre Carlier, malheureusement aujourd’hui disparu. Nous dédions cette publication en sa mémoire. Depuis Chadwick, la tablette en linéaire b, classifiée Py 55=An 724 a été interprétée à partir de la lecture des séries de signes ro-o-wa comme le nom du port de Pylos et e-re-ta comme « rameur/s » ; plusieurs auteurs pensent que ce texte est une liste de rameurs. Mais la présence de la série ki-ti-ta, interprétée d’abord comme « agriculteur », a produit des controverses : Que faisait le mot « agriculteur » dans une liste de rameurs ? Finalement ki-ti-ta a été interprétée, de manière un peu téméraire comme «unité fiscale» . Cette dernière hypothèse imagine le cas de l’infortune des agriculteurs qui, ne pouvant payer leurs taxes foncières, s’engageaient dans la marine. Néanmoins, la tablette n’a aucune similitude avec une liste, elle présente des lignes complètes. Toutes ces approximations théoriques, en étant arbitraires, suggèrent une défaillance dans l’interprétation. Ainsi, cette tablette est l’objet de l’analyse que nous exposons ici, en prenant la méthode épigraphique des systèmes syllabaires dont un signe est homophonique, polysémique et logographique. La traduction, ici proposée, suit la méthode interprétative des phonèmes, et recherche l’énoncé produit pour l’homophonie. Notre analyse démontre que la tablette PY 55 ne traite pas d’une liste de rameurs, mais qu’il s’agit d’un admirable texte littéraire où le mythe, le culte et la tradition se trouvent étroitement liés aux données philologiques, archéologiques, iconographiques et géographiques. Cette tablette est une œuvre littéraire mycénienne et une des premières chansons épiques ; un texte narratif qui renvoie aux rituels et offrandes dans la grotte dite aujourd’hui « Grotte de Nestor », ainsi que le sacrifice du taureau « auprès de la mer salée », tel que nous l’a transmis la tradition homérique…

Lire la suite: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01147208/document

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RO-O-WA dans la Tablette PY 724 An (PY 55) dePylos Poétique Mycénienne, Partie II (Ligne .1)

Enriqueta MARTINOTTI

L’analyse semble indiquer que la tablette PY 55 ne traite pas d’une liste de rameurs, mais qu’il s’agit d’un admirable texte littéraire où le mythe, le culte et la tradition se trouvent étroitement liés aux données philologiques, archéologiques, iconographiques et géographiques. Cette tablette est une œuvre littéraire mycénienne et une des premières chansons épiques; un texte narratif qui renvoie aux rituels et offrandes dans la grotte dite aujourd’hui «Grotte de Nestor», ainsi que le sacrifice du taureau «auprès de la mer salée», tel que nous l’a transmis la tradition homérique. On verra que ce texte décrit l’épique d’une figure héroïque divine; les exploits d’un dieu qui étaient dignes de mémoire pour les pyliens…

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Linéaire b : A-PE-O-TE dans la Tablette PY 724 An ( PY 55) : Partie II (Traduction et commentaires). Ligne .1 (3).

Enriqueta Martinotti, Tina Martinotti

Nous avons déjà analysé les premières séries de signes de la tablette PY 724 An de Pylos dans des publications antérieures. L’examen complet, étant si vaste, nous oblige à l’exposer dans des publications séparées. La troisième formule de la ligne .1, c’est à dire 1.3, est composée par la série de signes translittérés comme a-pe-o-te, ce qui a été considéré par Chadwick comme un nom masculin. Selon cette analyse, a-pe-o-te représente un autre nom de la divinité du fleuve, présent tout au long du texte, possiblement à identifier avec l’Alphée, avec la figure mythique de Péon / Asclépios. Nous verrons ici que le caractère phallique de cette divinité du courant d’eau trouve ses parallèles dans le culte du dieu-fleuve Achéloos : Il était censé être la source de la mer et de toutes les rivières et fut vénéré depuis une période très précoce dans toute la Grèce, spécialement dans les grottes avec une source d’eau…

Musique grecque ancienne